Viande de cheval et écologie de la mode.

Feb 11, 2013

Accessoires fabrication ceintureCoïncidence fortuite, c’est au moment ou Greenpeace lance une campagne en forme de défi à l’industrie de la mode qu’éclate en Europe le scandale de la viande chevaline. Au premier abord, les deux actualités n’ont rien à voir, mais en cherchant un peu, on y retrouve les mêmes mécanismes, et les mêmes causes.

De quoi s’agit-il ? Tout le monde commence à connaitre les histoires de viande roumaine de cheval vendue, revendue, maquillée et intégrée à des plats cuisinés vendus en grande surface comme contenant du bœuf. Une affaire qui pose d’immenses questions sur la fiabilité des chaines d’approvisionnement de l’industrie alimentaire, et le travestissement de l’information apporté au consommateur. Des questions qui font échos aux problèmes soulevés au même moment par la campagne « The fashion Duel », que vient de lancer Greenpeace France, avec un clip vidéo mettant en scène l’actrice Valeria Golino.  L’organisation de défense de l’environnement y établit un classement des grandes marques du luxe, ou tout du moins des plus emblématiques d’entre elles,  autour de trois familles de produits, le cuir, les emballages et les tissus. Il s’agit pour les marques de détailler leurs moyens de production,  ainsi que leurs politiques en matière de déforestation et de lutte contre la pollution de l’eau. Les questions portent donc  notamment sur la provenance des cuirs, des papiers, etc… Certaines maisons se sont prêtés au jeu, comme Gucci ou Dior, d’autres ont refusés de répondre aux questions de l’ONG, comme Chanel ou Hermès.

La question n’est pas de faire le point ici sur les pratiques de chacune de ces marques, et Valentino est d’ailleurs la seule d’entre elles à n’avoir obtenu que des bons points. Mais la campagne de Greenpeace, comme le scandale de la viande chevaline, pose la question de la gestion des chaines d’approvisionnement et de la sous-traitance. Une question qui mérite d’être posée à l’industrie de la mode, mais aussi à ses consommateurs. La plupart d’entre nous sommes en effet désormais assez regardants sur la qualité des choses que nous mangeons et buvons. Les épiceries biologiques font le plein, et les vins nature ont le vent en poupe. Même dans les supermarchés, les labels garantissant une production agricole de qualité fleurissent, et sont de plus en plus plébiscites par les consommateurs. Il n’est donc pas étonnant de voir l’onde de choc provoqué par la découverte de viande chevaline dans des plats supposément à base de bœuf, même si pour nous le plus choquant n’est pas le fait de manger du cheval plutôt que du bœuf, mais qu’une telle manipulation soit possible à si grande échelle.

Il nous parait donc censé de demander aux grandes marques de l’industrie textile de donner des gages sur leurs conditions de production comme on en demande à celles de l’industrie alimentaire. Les conditions de travail des sous traitants, la survie écologique des sites de production et la pollution liée aux moyens de transports sont des problèmes au moins aussi importants que la qualité des assiettes. Néanmoins, il est encore plus urgent d’éduquer les consommateurs. Car si ceux-ci, bien informés des risques sur leur santé, demandent désormais des comptes sur le contenu de leurs courses alimentaires, ils continuent pourtant d’acheter des vêtements sans se poser la moindre question sur leurs conditions de production.

Chez Monsieur London, la volonté écologique a précédée, et même encouragée, l’aventure entrepreneuriale, et toutes les matières et produits que nous utilisons sont listés sur les fiches de chacun de nos accessoires. De même, nous n’utilisons que des solutions d’emballage provenant de papier recyclé. Cette démarche est elle importante pour nos clients ? Pour une partie, certainement, mais malheureusement pas pour tous. Il est ainsi à parier que nous aurions pu faire fabriquer toute notre production en Asie du Sud Est dans des usines offrants des conditions de travail inhumaines sans avoir à nous justifier de quoi que ce soit. Élevés depuis plusieurs générations à coup de Hard Discount et de grandes enseignes textiles offrants des collections éphémères et bradés, les consommateurs sont malheureusement aujourd’hui beaucoup plus sensibles à la nouveauté et au prix qu’à la qualité et à la longévité. Cela ne va pas sans une accumulation de problèmes pour l’environnement, et le « green washing » n’y changera jamais rien. C’est bien nos habitudes de consommation qui sont à changer. 


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