Jean Rochefort, l’homme le plus classe du monde #10

Feb 19, 2013

Jean Rochefort César 2011Ca doit être de saison ! Quelques jours après le pape, on nous annoncait le retrait d'un autre monument vivant! Jean Rochefort, puisque c’est de lui qu’il s’agit, venait en effet de déclarer vouloir prendre sa retraite après la sortie de son dernier rôle, dans « l’artiste et son modèle », qui arrivera sur les écrans français le 6 mars. C’est d’ailleurs dans le dossier de presse du  film que le comédien déclarait « J'ai déjà décidé de ne plus jouer au théâtre. À moins que je tombe sur un projet de film qui me bouleverse, j'arrêterai aussi le cinéma. » Mais l'affaire aura fait long feu ! Dès le lendemain, Rochefort rétablissait la vérité, affirmant n'avoir jamais tenu des propos pareils: « Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit. On me joue un mauvais tour. Mes propos ont été coupés, je le regrette. À croire que certains veulent se faire de la publicité sur mon dos. Quelle idiotie. J’ai simplement déclaré à un journaliste de France 5 qui m’interrogeait à l’occasion de la sortie de mon dernier film L’artiste et son modèle de Fernando Trueba, que je ne tournerai plus quoi qu’il arrive. Que je ne tournerai plus n’importe quoi, comme cela a pu se produire, ici et là, par le passé. » On a eu chaud !

Plus qu’un acteur, Jean Rochefort est un mythe. Homme de cinéma comme Gérard Depardieu, et de chevaux comme Philippe Noiret, il est le dernier de nos grands acteurs encore vivants ayant commencé sa carrière dans les années 50. Comparé à sa longévité exceptionnelle, et à sa vivacité toujours renouvelé, tous les autres font figures de gamins.

Figurant quelques années,  puis second rôle dans les années 60, notamment  dans la série des « Angélique », aux côtés de Michel Mercier et Robert Hossein, ou dans les films de Belmondo comme les « Tribulations d’un chinois en Chine », Rochefort arrive à sa juste place dans les années 70. Les bouffonneries sont alors au programme, et le comédien impose son allure dégingandée et pince sans rire dans des comédies mythiques comme « Le Grand Blond avec une chaussure noire », « Les vécés étaient fermés de l'intérieur », « Un éléphant ça trompe énormément » ou encore « Nous irons tous au paradis ». Mais durant ces mêmes années, il tourne aussi avec Chabrol, Buñuel ou encore Schœndœrffer (il obtient le césar du meilleur acteur pour le crabe-tambour en 1978), pour des films plus graves, dévoilant ainsi son grand talent d’acteur.

Nous ne nous étendrons pas plus sur la carrière de Jean Rochefort. L’Almanach de Monsieur London n’est pas les Cahiers du cinéma après tout, et la figure de l’acteur,  même si nous reconnaissons son immense talent, nous intéresse surtout ici pour son aspect iconique. Car Rochefort est l’une des silhouettes masculines les plus identifiables de France, grâce notamment à son physique, et à sa voix. Grand et fin, l’acteur n’a jamais vraiment changé de corpulence, de style, ou d’apparence. Son visage, allongé et barré d’une moustache, a presque rang de patrimoine national. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Mais en gentleman accompli, Jean Rochefort ne s’est jamais contenté des facilités du star system ni des lumières du show bizz. Cavalier émérite, amoureux du monde de l’équitation depuis sa découverte des chevaux en 1961 lors du tournage de Cartouche, avec Jean Paul Belmondo, l’acteur est devenu très tôt éleveur de chevaux, réinvestissant ses cachets dans son entreprise, le Haras de Villequoy. Durant les derniers jeux olympiques d’été, Jean Rochefort, qui  fit office de chroniqueur sportif pour les épreuves d’équitation au Monde,  expliqua au quotidien du soir « Si je n'avais fait que les chevaux, je n'aurais pas été satisfait. La même chose si je n'avais fait que du théâtre et du cinéma. Il y a quelque chose dont j'avais besoin. Etre près du sol, de la terre. Près des bonheurs olfactifs. Partir seul le matin en forêt avec son cheval et apprendre Le Misanthrope. »

Pour nous qui sommes amoureux d’un style de vie à la Gentleman Farmer, Jean Rochefort est un exemple exceptionnel. Etre capable d’apprendre des vers de Molière en se baladant à dos de canasson a un certain style, il faut bien l’avouer. 

Photo: Georges Biard

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