Plis, replis et snobismes.

Jun 24, 2013

Après les chaussures, la cravate est peut-être l’accessoire masculin qui concentre le plus de passions. Adulée par les uns comme un symbole d’élégance, honnie par les autres comme l’oppression vestimentaire suprême, elle compte même ses puristes, et ses fanatiques. Au centre des passions : la façon dont la cravate est cousue.

De fait, étant par essence destinée à être nouée, la cravate est un accessoire pour lequel la confection influe de façon très importante sur le rendu final, le nœud et le tombé. Vous avez l’impression de lire du chinois ? Ne vous inquiétez pas, c’est lundi matin. Expliquons donc plus avant notre propos.

La plupart des cravates, voire leur quasi intégralité, sont cousues à la machine, avec une doublure interne. Appelée molleton, celle-ci assure l’épaisseur du produit, ainsi que son poids, et donc la façon dont il tombe sur la chemise. Cette façon de faire est la plus répandue, car la moins couteuse. L’arrière de la cravate est ensuite cousu, à la machine pour la plupart des marques, et à la main pour les qualités supérieures, dont celles de Monsieur London.

Néanmoins, il existe plusieurs autres façons de coudre ces produits, notamment pour les cravates sur mesure. Certains tailleurs, souvent des grandes maisons comme Arnys, proposent ainsi des cravates sans molleton, créées dans une seule pièce de soie pliée 7 fois afin d’obtenir l’épaisseur désirée. Il va sans dire que la technique est beaucoup plus compliquée, prend du temps, et coûte cher en tissu. Pour plus de simplicité, d’autres proposent une cravate à trois plis, moins épaisse, mais aussi moins plébiscitée par les amateurs.

Rolls du « neckwear », la cravate 7 plis est aussi la plus chère de toutes. Inabordable pour le commun des mortels, c’est-à-dire surement vous et moi, elle fait pourtant parfois l’attention d’un véritable culte de la part de certaines des rares personnes pouvant se permettre de la porter. Au point que l’on trouve ci et là, sur certains blogs, de véritables déclarations de guerre à la bonne vieille cravate à molleton.

Certes, la 7 plis est superbe, inutile de le nier. Mais cela veut-il dire qu’il faudrait jeter le reste de notre vestiaire ? Certainement pas. Comme le rappelle l’excellent tailleur Julien Scavini sur son blog, il semble d’ailleurs que le modèle pliée soit une invention assez récente, qui n’ait pas été présente dès l’apparition de la cravate régate au 19e siècle, ni de son évolution contemporaine sous l’impulsion du cravatier new yorkais Langdorf.

Bien sûr, il est bien sur toujours intéressant de connaitre ce genre de raffinements. Mais de là à en faire un prérequis quotidien, il y a un snobisme que nous ne franchirons pas. Le molleton a encore de beaux jours devant lui.

F.McKenzie

Vous aimerez peut être aussi

Downton Abbey chasseMarcello Mastroianni

L'élégance et la chasse         Virée sur la côte Amalfitaine   Nos noeuds papillons

Suivez-nous