L’élégance et la table.

Apr 18, 2013

Noeud papillon à poisEst-on de meilleure compagnie lorsque la table est bien dressée ? Plus avenant avec une cravate au dessus de son assiette ? Plus spirituel lorsque la demoiselle assise en face de nous a ornée son cou de quelques perles ? La question nous a taraudés durant tout le repas pascal. Un dilemme avait en effet traversé les convives, un peu trop nombreux pour la taille de la table : Fallait-il passer en mode buffet, ou se serrer ? L’hôte décida que nous pouvions nous serrer. Avec raison ?

Si le fait de mettre un costume nous force à un certain maintien, accentue la prestance, celui d’être assis pour le repas nous civilise surement. Rien de plus sympathique, ni de plus français, que ces longs repas où la conversation rebondit à chaque seconde pour un bon mot, s’arrête sur une incongruité, s’esclaffe d’une pique, et change enfin du tout au tout sans raison, laissant d’ailleurs en général décontenancés les invités étrangers. Mais du déjeuner élégant à la beuverie de notables empâtés aimant tâter le croupion de la serveuse après l’armagnac, il n’y a souvent qu’un pas. L’homme de qualité veillera donc à ne pas se laisser aller à ce penchant douteux. Pour cela, rien de mieux qu’un peu de formalité. S’habiller pour le repas et passer une veste avant de s’asseoir autour d’une table ornée d’une belle nappe permet ainsi de ne pas s’oublier, malgré la ronde incessante de grands crus qui fait souvent le charme des maisons françaises.

Certes, il y a peu de chance qu’on vous demande de porter le frac au diner, facon Downton Abbey, à part peut être si vous faites partie de la délégation officielle d’un pays invité à l’Elysée ou à la Maison Blanche. (Dans ce cas précis, merci de ne pas oublier de glisser notre carte à votre hôte avant de partir, nous serions ravis de lui fournir bretelles, chapeaux, cravates et accessoires en tout genre.) Néanmoins, si la correction vous commande d’apporter des fleurs lorsque vous êtes reçus quelque part, le bon gout incline au port de la cravate. Rien d’obligatoire à cela, fort heureusement, mais le détail fera la différence.

Imaginez votre diner idéal. Pour celui qui écrit ces lignes, il y aurait surement Charles Maurice de Talleyrand, Alexandre Dumas et Romy Schneider. Evidemment Paul McCartney et Nathalie Portman auraient étés les bienvenus, mais comme le cuisiner prévoirait de la queue de bœuf au Xérès, ces géniaux pisse-froids ne seraient finalement venus que pour un showcase, le premier jouant du piano pour accompagner la seconde récitant du Musset. Charmant tableau n’est ce pas ? Et bien imaginez désormais tous ces hôtes de choix en jogging, mal rasés et bouffant dans des assiettes en plastique sur une table en formica. Voila… Il me semble que vous avez compris l’idée.

Valentin Goux

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