Des hommes époustouflants...

Feb 11, 2015

J'aime regarder les hommes qui marchent dans la rue.  Pas de talons hauts, pas de jambes longues et fines, pas de main lascive dans les cheveux. Non pas cette fois. J'ai cherché les hommes époustouflants pour montrer qu'ils ont aussi des ensorceleuses et que la féminité n'a pas l'exclusivité du mystère. 
Parce que c'est un homme qui a rendu l'Opéra de Paris sensuel, c'est pour un homme que Saint Laurent et Lagerfeld sont partis en duel de chiffons et c'est le nom d'un homme que porte le Musée d'Orsay. 
Louis Garrel joue Jacques de Bascher dans le Saint Laurent de Bertrand Bonnelo. Joli, mais loin du compte. En haut, le vrai, avec Diane de Beauveau Craon au bal de l'Opéra.
Commençons par Jacques de Bascher, personnage trop galvaudé dans les deux films sur Saint Laurent, réduit à une capricieuse de la nuit. Pourtant Bancher c'est bien plus. C'est le savant vestiaire masculin. Protocolaire et militaire. Derrière un semblant d'extravagance car pour maîtriser l'extravagance et pour qu'elle devienne remarquable ou subtile il faut la contrôler. Bascher décline le même modèle dans plusieurs couleurs. Inutile de changer ce qui est beau. De Jacques de Bascher j'aime le contrôle absolu du détail, du tomber parfait des cravates foulard, de la méticuleuse moustache et le savant mélange des sources d'inspirations cultivées au cours de ses voyages et servant l'inspiration de ses créateurs. 
Alfred, comte d'Orsay, vu par le peintre anglais George Hayter.
Continuons par Alfred d'Orsay, esthète des esthètes, "l'archange du dandysme" selon Lamartine. Collectionneur et créateur aux sens surdéveloppés, il crée des parfums, change plus de tenues par jour qu'une mariée en noces, et se fait construire une voiture sous son inspiration. Orsay nous lègue donc le socle du dandysme et de l'élégance de l'automobile aux arts c'est à dire ceux qui ont pour origine une muse. 
Rudolf Noureev, chez lui à Paris en 1986. 
Noureev. Encore un. Noureev c'est bien sur la danse. Le corps musclé et les collants. La possession démoniaque de la scène dont l'Opéra Garnier succombe encore. Noureev gère les costumes, valorise le costume de scène, donne son avis sur la confection et donne une place primordiale au costume dans les ballets tant et si bien qu'un musée lui est consacré. Mais en dehors de la scène c'est aussi les pulls de laine extrêmement bien ajustés, les cols relevés des manteaux et cabans sous un regard et un sourire narquois. Noureev est le seul sur lequel j'aime le col roulé. Un style épuré avant l'heure et reconnaissable parmi tous qui danse de l'élégant romantique au néo Guevara. Complètement Envoûtant. 
Mais pour être un élégant diabolique il ne suffit pas d'être une potiche bien habillée qui prend la pose. Non il faut une culture hors norme
c'est qui les a distingué parmi les autres. 
Il faut souffrir pour être beau. 
Marion Melkonyan
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PS: Voici nos billets précédents sur le Dandysme:
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