De l'exil des huguenots aux cravates Monsieur London.

Oct 21, 2014

Monsieur LondonLa mode est parfois une affaire d'innovation industrielle. C'est notamment le cas pour les cravates. A la fin du 17e siècle, suivant les évolutions techniques de la culture de vers à soie rendues possibles par le travail d’Olivier de Serre, aristocrate protestant français de l’époque d’Henri IV, les soieries se développent en Europe. La mode s’adapte à la démocratisation du tissu, et la demande augmente. 

Fabrique de cravates

En Angleterre, le livre majeur d’Olivier de Serre, « La cueillete de la soye par la nourriture des Vers qui la font. Echantillon du Théâtre d’Agriculture d’Oliver de Serres Seigneur du Pradel », est traduit en 1607, et fait un tabac, comme partout en Europe. On se passionne pour la culture de la soie, et il ne manque désormais plus que les artisans pour la fabriquer. Prenant le chemin de l’exil quelques dizaines années plus tard, après la révocation de l’Edit de Nantes, les huguenots français arrivent avec ce savoir-faire, et s’installe dans le quartier de Spitafields, à Londres. Un endroit aujourd’hui plus connu pour ses restaurants indiens que pour ses soieries, mais où un tour propose encore de suivre leurs traces le long de rues au nom évocateur comme fleur de lis street.

Patron cravate

Les huguenots essaiment à travers le royaume, et bientôt, une industrie florissante s’établit dans le Cheshire, région situé au sud est de Liverpool, et qui a laissé à la postérité, outre la soie, un chat dans l’œuvre de Lewis Caroll. C’est à Macclesfield, où l’on travaillait déjà la soie d’importation pour en faire des boutons avant l’arrivée des frenchys, que les soieries deviennent les plus importantes, au point de devenir une référence en Angleterre. 

Couper cravate

A partir de notre collection Automne Hiver 2014, nos tissus en soie pour cravate sont imprimés à Macclesfield, dans une des dernières manufactures encore existantes. Afin de pouvoir proposer un produit de haute qualité tout en restant dans une gamme de prix attractive, l’équipe a choisi une impression digitale, avec un soin particulier apporté aux couleurs par notre fournisseur.  Les tissus sont ensuite envoyés dans l’East Sussex, à quelques miles d’Hasting, pour être découpés à la main.  Les cravates sont enfin cousues par des artisans qualifiés, là encore à la main. Le résultat est bluffant, les couleurs superbes, la définition des motifs incroyable, et le poids des cravates, très agréable, permettant de beaux noeuds et un superbe tombé. 

Valentin Goux.

PS: Les trois photos illustrant cette articles ont été prises chez notre fournisseur. Vous trouvez en premier les rouleaux de soie, puis les patrons de cravates pour les différentes variétés de modèles, et enfin la table où sont coupés les tissus. Remarquez au passage le trou rectangulaire dans le patron, servant à aligner le motif avant de découper la cravate. 

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