Quelques trucs à piquer aux anglais… (Et d’autres à leur laisser.)

Mar 26, 2014

Monsieur London

Londres est la capitale mondiale de l’élégance masculine, la chose n’est pas discutable, sauf peut-être par nos amis d’Italie du nord. On leur laissera donc le bénéfice du doute par politesse, mais il reste que l’on trouve entre Regent street et Pall Mall certains des hommes les plus élégants du monde. Après tout, ce n’est pas pour rien si Monsieur London est installé dans cette ville au lieu de mener ses affaires depuis Paris. Il s’agit ici plus que d’une tradition. Quelque chose de normal, infusant l’esprit de la ville, et permettant un naturel désinvolte dans le port du costume. Le tout sans aller jusqu’à la Sprezzatura à l’italienne, un tantinet trop osé pour les respectables gentlemen anglais. Mais il reste que ces messieurs n’ont jamais l’air engoncés, déguisés ou ridicules. Voici donc quelques conseils pour adopter les secrets d’élégance des sujets de sa majesté :

-  Assumer jusqu’au bout. On ne porte pas un costume avec une Parka, n’en déplaise à nos ministres toujours avides de faire « peuple », sans se rendre compte que celui-ci n’aime pas le relâchement chez ses « élites ». Les anglais ont toujours de superbes trenchs, pardessus et autre manteaux de demi-saison pour passer au-dessus de leur veste en flattant leur silhouette. Vivre dans un pays pluvieux a parfois des avantages.

-  Oser les motifs. Une cravate en soie brillante, c’est non seulement ennuyeux, mais ça fait très vite commercial en tournée de porte à porte dans la banlieue sud de Montluçon. Une cravate, comme une pochette, peut être l’occasion d’exprimer beaucoup plus qu’une pauvre couleur unie. Motif Cachemire, rayures clubs, pois, et même pied de poule ou prince de galles pour les plus experts en la matière. Les motifs fantaisie sont acceptables, à condition d’être de bon gout. La cravate à petits cochons riants est strictement interdite, à moins d’être directeur commercial de la société Europorc, gérant l’abattage journalier de 5000 truies à quelques encablures de Plougastel.

Cary Grant

Comment porter le chapeau avec naturel et élégance, même si l'on ne fume pas.

-  Le chapeau n’est pas un déguisement. C’est même l’autre avantage d’un pays pluvieux : il faut redoubler d’efforts pour se protéger des caprices de la météo. Et pour cela, rien de mieux qu’un couvre-chef en feutre, ou une casquette en tweed. Mine de rien, la laine absorbe la pluie pendant suffisamment longtemps pour aller du bureau au pub, et le tout vous donne une sacrée allure. Et ne venez pas nous répondre que vous n’avez pas une tête à chapeau. Vous n’avez juste pas encore trouvé le bon chapeau, c’est tout.

-  Porter des poignets mousquetaires. C’est élégant, ça dépasse impeccablement de votre veste, et ça vous permet de mettre des boutons de manchette, le seul bijou dont un homme peut s’équiper sans craindre la faute de gout. Ce qui est tout de suite plus difficile avec l’épingle ou la pince à cravate par exemple. Les anglais ne portent presque que ce type de chemises, qui apportent un équilibre beaucoup plus naturel à la silhouette, évitant l’effet mante religieuse, et ceci particulièrement pour les bras longs et fins.   

Mary Poppins bankers

Depuis Mary Poppins, les banquiers anglais ont tout de même un peu perdu en élégance.

 Le costume trois pièces n’a pas disparu il y a trente ans. Bien au contraire, il se porte très bien dans les rues de St James’s, à la sortie des clubs de gentlemen ou à l’entrée des restaurants. En hiver, c’est le compagnon parfait pour éviter d’avoir trop froid. Et non, le pull sous la veste de costume n’est pas une alternative acceptable.

-

Mais il faut néanmoins relativiser un peu. Il n’y a pas non plus de recettes magiques, et les anglais font parfois des bêtises aussi. En sortant un peu de Picaddilly pour explorer le reste de la ville, voire du pays, on peut voir quelques trucs étonnants.

-  Les chaussures des banquiers. Il suffit de se balader dans la City pour voir que le gout des golden boys en matière de chaussures est tout sauf sûr. Modèles pointus, fermeture éclair latérale, bouts carrés…. Rien n’est épargné au regard du passant. A se demander comment on peut avoir autant d’argent et aucun soulier acceptable, surtout au pays de Crockett and Jones, de Loake, de John Lobb et de J.Fitzpatrick. Incroyable.

Peaky blinders

Cillian Murphy porte très bien le trois pièces sans cravate... mais c'est Cillian Murphy.

-  Le trois pièces sans cravate. Ce combo improbable, réussissant l’exploit d’être à la fois trop formel et trop négligé, semble être devenu la tenue préférée des présentateurs anglais. Pas une émission sans qu’on le voit débarquer sur le dos d’un innocent aux mains pleines ne réussissant que très rarement à s’en tirer sans dommages. On ne dira jamais assez qu’il faut avoir bien balisé un sentier au préalable pour oser s’en écarter. Le hors-piste n’est pas pour tout le monde.

-  L’abus de Barbour. Certes, cette veste matelassée est pratique, et accompagne parfaitement les week ends à la campagne. Est-ce une raison pour la porter en version sans manches et sous une veste de costume ? L’idée, incongrue, a été drôle un temps sur les trottoirs londoniens, mais frise désormais le ridicule, et a déjà déformé trop de jolis tissus.

F.McKenzie

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