Des habits et des peuples: la Hongrie.

Nov 25, 2013

Sissi HongrieOn en fait des plus doux, des plus rêveurs et des plus calmes. Certains plus fins que d’autres, des plus drôles et des plus fous. Des plus fiers, pas beaucoup. Héritiers d’une histoire aussi longue que l’avenue Andrassy, les habitants de Budapest aiment leur ville comme seuls peut être les parisiens savent aussi le faire.

Il faudrait être fou pour ne pas les comprendre. Ou Viennois, par le fait excusable d’un atavisme vieux de deux siècles. Et pour cause ! Budapest se construisit au 19e siècle comme un témoignage de la grandeur nationale magyare, rivalisant d’audace architecturale avec la capitale d’un empire envers lequel la population entretenait des sentiments pour le moins mitigés. Si l’aristocratie hongroise acceptait alors sans trop broncher la domination Habsbourg qui appuyait son assise féodale sur des fiefs séculaires, il s’agissait néanmoins de montrer sa puissance. Et de ne pas manquer une occasion de construire un nouveau palais, de percer une avenue, ou de faire venir de Paris Gustave Eiffel pour construire une gare. Histoire de montrer aux autrichiens que Vienne ne les impressionnait pas trop… De ne pas passer pour les pécores de la pleine du Danube en somme.

Résultat de ce concours d’égos : une capitale à l’architecture très fin 19e français, un brin d’influence haussmannienne en Europe Centrale, de longues avenues larges bordées de contre allées, de beaux  immeuble en pierre et des parcs ombragés. Le décor parfait pour une promenade bourgeoise, avec un air de la Syldavie imaginée par Hergé pour saupoudrer le tout d’un air d’ailleurs. Pour ne pas oublier que les Hongrois descendent tout de même d’un peuple de terribles guerriers apparenté aux huns.

Hussard

C’est d’ailleurs par la guerre qu’un des rares mots de Hongrois présent dans notre langue a traversé l’Europe, et marqué l’imaginaire collectif du vieux continent, avec des répercussions dans le monde de la mode. Le hussard, du magyar huszár, était ainsi à l’origine un cavalier léger employé dans les incessants conflits qui opposaient le royaume de Hongrie aux ottomans. Efficaces, ces régiments furent adoptés dans de nombreux pays d’Europe, notamment en France, où les hussards croates (pays à l’époque sous domination hongroise) de Louis XIII importèrent la cravate. Le nom de cet accessoire n’est d’ailleurs qu’une déformation de celui de leur pays d’origine.

Par la suite, les uniformes des hussards, colorés et ornés de brandebourg, donnèrent notamment naissance au Dolman, veste par excellence des armées napoléoniennes, et dont on peut voir régulièrement un retour dans la mode européenne. Derniers épisodes en date dans le rock indépendant anglais ou quelques collections de Dolce et Gabanna ces dernières années. 

Côté civil, les hongrois ont su préserver des costumes traditionnels simples, hérités d’un mode de vie rural dans les plaines du pays, mais souvent ornés les jours de fêtes de superbes broderies. Des techniques qui ont fait depuis longtemps la réputation des artisans locaux, au point de voir reconnue celles de certaines régions comme patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco, comme la broderie matyó. De quoi venir égayer le gilet de la traditionnel masculine, porté par-dessus une tenue simple ornée de très hautes bottes en cuir, vieux reste d’un peuple de cavaliers nomades.

Vass shoes

Mais Budapest n’est pas qu’une ville de souvenirs. Côté élégance contemporaine, les élégants de Pest n’ont rien à envier à ceux de Paris, et ont accès à de superbes marques locales. Citons notamment parmi celles-ci les chaussures Vass, fabriqués à la main dans des cuirs magnifiques, pour une finition impeccable. Imbattable en termes de prix, comme de qualité. Au point que certains malins savent que prendre un billet pour aller acheter une paire en Hongrie leur reviendra toujours moins cher que d’essayer d’acquérir un produit d’une gamme équivalente à Paris ou à Londres.

Un conseil pour finir : Si par hasard vous vous rendez bientôt sur les rives du Danube, entre une représentation à l’Opéra, la lecture d’une œuvre de Sandor Marai, et une visite des bains de Széchenyi, tentez d’aller passer une soirée à la Brody House. Dans ce palais un peu décrépi rempli d’œuvres d’arts où les maitres anglais des lieux ont installés bar à cocktail, terrasses intérieurs, appartements à louer et salles de projection, vous trouverez la fine fleur des jeunes artistes, intellectuels, musiciens et journalistes du pays en train de boire un verre au son d’un groupe de rock ou d’électro. Nul doute que ceux-ci sauront vous faire apprécier leur ville comme personne d’autre.

F.McKenzie

Vous aimerez peut-être aussi

Echarpe pied de poule

Une boutique éphémère à Paris     Découvrez nos écharpes  S'habiller pour une garde à vue...

Suivez-nous